vendredi 10 septembre 2010
Cours 2
Je me considère comme étant un adepte, sans nécessairement avoir été conscient avant aujourd’hui d’un système hybride entre le paradigme de l’enseignement et celui de l’apprentissage. Plus j’enseigne, plus le paradigme de l’apprentissage semble être une pratique qui me permettrait de m’épanouir comme enseignant.
Avant d’enseigner, je me suis toujours positionné contre une approche qui favorise l’emmagasinage massive de l’information et des connaissances autant au collège qu’à l’université. Maintenant que je suis enseignant, je me vois comme un guide qui favorise la mise en pratique des notions.
Qu’est-ce qui me permet de l’affirmer?
Dans la première section, il sera question des mes pratiques qui se situes dans le paradigme de l’enseignement. Dans la section suivante, je présenterai les éléments faisant partie du paradigme de l’apprentissage.
Avec un peu de recul, j’ai trouvé trois points qui pourraient être classés dans le paradigme de l’enseignement.
Pour débuter, mes examens sont basés presque uniquement sur les connaissances. Il n’est pas question de transférer ou d’appliquer spécifiquement des notions à un cas en particulier. Il s’agit de savoir si l’étudiant connait ou non les notions théoriques. J’aime bien insérer des questions à choix multiples complexes, choix multiples simples et des questions à développement à l’intérieur du même examen.
Deuxièmement, mes grilles d’évaluation sont trop approfondies. Je tente de couvrir absolument tous les aspects ou des procédures, car j’ai peur qu’il y ait une faille lors de la correction. Lorsque j’en étais à ma première session d’enseignement, je me suis aperçu que mes grilles étaient un peu trop subjectives. Le domaine du multimédia est assez particulier, car il laisse beaucoup de place à l’interprétation subjective. Nous ne faisons pas partie d’un domaine scientifique. C’est très technique et il y a beaucoup de détails à considérer, que ce soit pour un projet de design ou pour un projet Web complet. Dans les deux cas, je peux me fier uniquement à mon jugement professionnel pour évaluer la compétence.
Troisièmement, j’ai la fâcheuse habitude de vouloir juger les étudiants sur leur performance. C’est probablement un héritage de l’enseignement que j’ai reçu durant mon cheminement scolaire. Encore aujourd’hui, après avoir eu le dernier cours sur l’évaluation, j’associe le simple fait de mettre une note à un étudiant à une méthode de catégorisation des performances.
En ce qui concerne le paradigme de l’apprentissage, j’ai dénombré six éléments qui se retrouvent dans mes cours et qui pourraient faire partie de cette catégorie.
1. Il va de soi que le premier est le choix ministériel de la cible de formation par compétences. De plus, j’insère des compétences transversales et aussi des savoirs-agir professionnels tels que appliquer une méthodologie de travail efficace et professionnelle, expliquer un concept efficacement, être capable de communiquer au sein d’une équipe, gérer un projet de façon efficace, adopter une attitude positive lors d’une critique, gérer efficacement les intervenants au projet ((patron, client, équipe de production), etc.
2. Dans mes projets de mi-session et pour le projet synthèse, il s’agit d’une évaluation authentique avec des sujets qui collent bien à la réalité rencontrée en agence. Lors de ces évaluations, c’est le moment concret où je peux mesurer leurs capacités à transférer les notions théoriques vues en classe.
3. Pour les étudiants de troisième session et plus, j’intègre une fausse compagnie dans mes cours. Ces étudiants ont atteint un certain niveau de connaissance et de maturité professionnelle suffisant pour ce genre d’activité. J’ai l’impression que le fait de les faire participer à une simulation d’entreprise les stimule, et les productions sont généralement meilleures.
4. Je ne sais pas si ce point doit être ici ou même si j’utilise à tord ou à raison la définition du constructivisme, mais toutes les notions que je présente font partie d’une stratégie de construction et de guidage au travers d’un processus très complexe et détaillé. Il faut en quelque sorte commencer par les bases et à « empiler » les étapes, les connaissances, jusqu'à temps qu’on soit en mesure de réaliser le processus au complet.
5. J’ai pris conscience assez rapidement, l’an passé, qu’il faut d’établi un standard de correction des divers projets. Ceci me permet d’une part, de me protéger administrativement de possibles plaintes en cas de demande de révision de note, d’autre part, par souci d’équité entre les évaluations. En ayant un standard bien défini, il m’est impossible de déroger du cadre établi.
6. Enfin, j’intègre la notion de jugement professionnel à l’intérieur de mes évaluations. Je me mets dans la peau d’un directeur de production ou d’un chargé de projet et j’émets, mon opinion sur la qualité du projet et en me basant sur ce qui se fait dans l’industrie.
Ce que j’ai envie de dire sur la notion de « jugement professionnel en évaluation »
J’ai beaucoup de difficulté à me faire avec le jugement professionnel. Je trouve que c’est un aspect qui est très subjectif, encore plus dans notre domaine d’activité, qui n’est pas une science exacte. Que ce soit sur les choix graphiques ou les choix technologiques, tout repose sur la perception, l’expérience et les connaissances des individus. Pour bien évaluer un étudiant de fin de parcours, par exemple, il faut prendre connaissance de ses intentions et de la démarche créative qui l’a guidé jusqu’à ce qu’il arrive au produit final. Il n’y a aucune règle scientifique, comme en mathématique ou en physique, qui vient appuyer ce fameux résultat.
J’ai, pour ma part, une expérience terrain assez restreinte. Il m’est difficile d’inculquer les attentes de l’industrie par rapport aux futurs intégrateurs de demain, mais j’essaie tant bien que mal de me tenir au courant par les divers blogues d’agences ou d’organismes œuvrant dans le domaine des communications graphiques ou du multimédia.
Je me pose sans cesse deux questions : qu'est-ce qui balise mon jugement? Qu’est-ce qui me dit que mon jugement professionnel est conforme aux standards ministériels?
Je me questionne énormément sur la valeur de mon jugement. Est-ce qu’il y a vraiment une façon de l’évaluer? Si c’est une autre personne qui évalue mon jugement, il devra se fier à son jugement par ses expériences et ses connaissances. Ces deux points sont totalement différents d’un individu à l’autre. Dans mon cas, mon parcours universitaire était principalement axé en communication, médias interactifs. J’ai complété cette formation par des cours à la faculté d’administration, en étudiant principalement la gestion de projet, les bases de la gestion dynamique et une introduction à la gestion des ressources humaines.
Il y a une chose de vraiment intéressante avec le jugement professionnel, c’est qu’il peut être mis à contribution pour la construction d’évaluations authentiques. Il est plus facile de monter les différents outils, quand on connait les attentes professionnelles de l’industrie en question.
vendredi 20 août 2010
Chronique : Ma bulle au cerveau No.:1
J'étais à l'hôpital ce matin, entrain d'attendre pour passer une batterie de tests de routine, quand j'ai eu un flash qui pourrait régler mon problème de rétroaction! Le contexte s'y prête bien parce qu'il y a un lien direct avec l'endroit. Il est fort probable qu'il y a déjà quelqu'un dans le monde qui a eu l'idée avant moi, mais quand même je crois que c'est une formidable idée.
Voilà comment j'en suis venu à avoir mon idée. Tout d'abord j'ai fait le lien entre le lieu, les divers tests médicaux puis les résultats. Le lieu étant comme un parallèle avec la classe, la batterie de tests comme étant les moyens d'évaluation et le résultat ... bien c'est le résultat! Alors le médecin va consulter et évaluer les résultats pour ensuite poser un diagnostique. C'est sur ce mot que je vais me concentrer.
J'aimerais concevoir une grille, qui pourrait me servir comme outil à rétroaction pour afin poser un diagnostique en tant que professionnel sur l'évolution de la compétence et du savoir-être professionnel de l'étudiant. Vue que j'ai un sérieux problème à donner une bonne rétroaction, faute de temps le plus souvent, donc en utilisant une grille préconçu et à cocher pourrait palier à ce manque.
Reste à savoir comment vais-je construire cette grille de façon efficace pour qu'elle soit bénéfique autant pour l'étudiant, qui serait fixé sur son avancement, et autant pour moi, qui pourrait donner l'heure juste et les corrections souhaités à l'étudiant rapidement.
mardi 17 août 2010
cours 1
Question 1 : Qu'est-ce que j'ai appris aujourd'hui sur mes propres conceptions face à l'évaluation, sur le lien entre la motivation et l'évaluation et à propos de mon rôle d'enseignant-évaluateur?
L’évaluation
L'évaluation c'est bien plus qu'une simple attribution d'un chiffre ou d'une lettre. Dès qu'il y a des variables supplémentaires qui s’intègrent au cadre confortable qu'on s'est créé lors de la rédaction de nos critères d'évaluation, tout peut bousculer vers certaines zones grises et même parfois très grises. On peut être confronté à certaines situations très embarrassantes qui peuvent venir titiller notre fibre éthique en nous. Comme par exemple, pourquoi je donnerais 54% à un étudiant qui n’est plus ou moins à son affaire? Pourquoi j’empêcherais quelqu’un de poursuivre son cheminement académique s’il a été assidu dans son étude durant la session et pour une raison XYZ il échoue l’épreuve synthèse à 57%? Tôt ou tard ce dilemme vient nous hanter.
J’ai constaté qu’il y avait plusieurs méthodes d’évaluation des apprentissages passant de l’examen traditionnel et archaïque à des méthodes beaucoup plus avant-gardistes tel que la simulation de cas pratique et authentique du domaine professionnel ou par le biais de jeux-questionnaires. Avant d’utiliser les méthodes avant-gardistes il faut encore savoir quand les utiliser. Savoir utiliser quand et surtout comment un outil d’évaluation peut s’avérer un atout majeur dans le cheminement de nos étudiants. Effectivement, je pense que cette maîtrise est étroitement liée avec la réussite de notre groupe-cours. En ayant l’outil adéquat en main et utilisé au bon moment, les risques d’ambigüités seront réduites à mon avis.
Le lien entre motivation et évaluation
J’ai remarqué que la motivation et l’évaluation sont étroitement liées. Il existe un lien très fort entre ces deux éléments. Si la note de l’évaluation dégage un effet positif, la motivation de l’étudiant sera par le fait même positif. Le cas contraire s’applique en ayant un effet négatif sur sa motivation. Cette négativité pourrait engendrer des conséquences graves à très long terme sur le cheminement professionnel de l’étudiant pouvant aller jusqu’à la réorientation drastique vers un autre champ d’étude ou le décrochage du système postsecondaire.
Il n’y a pas que la note qui peut motiver l’étudiant à ce dépasser, il y a aussi la rétroaction que l’enseignant donne aux étudiants. Cette rétroaction peut éclairer certaines personnes pour la suite du cours. Je pense qu’un étudiant qui ne sait pas pourquoi il a fait les erreurs lors du travail ou de l’examen aurait plus de difficulté les corriger. Cependant ce n’est pas toujours aussi facile de donner autant de rétroactivité. C’est un constat que j’ai moi-même rencontré lors de mes deux premières sessions d’enseignement.
Le rôle d’enseignant-évaluateur
Avoir une bonne diversité dans ses outils c’est important à mon avis. Cependant, avoir des outils non valides c’est beaucoup plus grave. Le risque de biaiser les résultats peut être énorme. Cette responsabilité de valider les instruments d’évaluation revient à l’enseignant. Il peut demander de l’aide de son département ou d’un collègue.
L’enseignant doit lancer certaines pistes pour faciliter l’étude des étudiants. Ce n’est plus vrai les étudiants doivent apprendre toutes les notions et concepts par cœur, mais bien savoir les mettre en application et savoir se référer aux différents guides. Les étudiants peuvent vraiment mettre l’accent sur ce qui est essentiel et laisser le reste de côté pour l’évaluation en question. En multimédia, la technologie est de plus en plus exigeante et c’est pratiquement impossible de tout comprendre et connaître.
Question 2 : À travers les échanges et les réflexions auxquels j'ai participé, y a-t-il des aspects qui m'ont étonné ou encore qui m'ont heurté? Pourquoi?
Avant le cours de gestion de classe, j’avais comme mentalité de récompenser les étudiants pour le bon comportement en classe. Maintenant j’ai une tout autre vision. Je crois qu’il y a d’autres méthodes pour mettre en place une équivalence. Pour ma part, je préfère investir ce 5% directement dans l’atteinte de la compétence et mettre en parallèle une structure à l’intérieur de l’évaluation pour atteindre ce qui est prescrit au référentiel de cours.
L’aspect éthique m’a beaucoup travaillé lors de la discussion. J’ai eu à faire face à différentes situations litigieuses à la session passée et c’est un thème qui me préoccupe beaucoup. Avant même d’avoir fait mes débuts comme enseignant, j’avais cette préoccupation en tête. Ça fait quelque temps que je pense à me faire un certain code déontologie, mais sans trop passer à l’action vue de la charge de travail que j’ai chaque session.
Question 3 : Quelles sont les questions que je me pose?
- Est-ce que je peux évaluer individuellement un étudiant qui occupe un poste précis dans une équipe et que sa tâche est très différente des autres membres ?
- Est-ce que je peux faire deux grilles de correction qui possède la même pondération, mais que les éléments techniques sont différents : une pour les programmeurs et une pour les designers?
- Comment bien évaluer les productions orales équitablement?
- Comment construire une grille de correction qui me permet de corriger efficacement et rapidement une production écrite?
- Comment donner une bonne rétroaction à l’étudiant?
- Est-ce qu’il est correct de distribuer un formatif, comme outil coercitif, quand le groupe cours pose problème afin de leur faire prendre conscience de leur grande difficulté à suivre le cours?
- Est-ce qu’un examen c’est obligatoire au collégial?
- Est-ce que je peux strictement baser ma stratégie d’évaluation sur une approche par projet?
Introduction
Ce blog portera principalement sur l'évolution de mes capacités d'évaluer mes étudiants dans le cadre du cours de l'Université de Sherbrooke sur les stratégies d'évaluation des apprentissages.